Ma Vie de Courgette – Finaliste Prix LUX

Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux.

De son vrai nom Icare, Courgette vit seul avec sa mère depuis que son père est parti avec une « poule ». Il a toujours trouvé bizarre cette histoire d’oiseau, mais c’est ce que sa mère lui a raconté. Et il ne fait pas bon la contredire. D’ailleurs, c’est parce qu’il veut éviter la raclée ce jour-là qu’il y a un accident et que sa mère meurt. Raymond, le « flic » qui s’occupe de son cas, l’emmène au foyer des Fontaines, où il rencontre une petite troupe d’enfants : Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice. Tous ont leurs histoires. Elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Ce n’est pas simple au début d’arriver là et de se faire accepter. Simon, le leader du groupe, chahute Courgette jusqu’à ce que celui-ci se révolte et gagne sa place. Alors la vie devient douce, parce qu’elle est peuplée d’amis. L’école où on joue à être des hommes de Cro-Magnon pendant le cours d’histoire, les rigolades de nuit dans le dortoir, les visites de Raymond qui ne l’oublie pas et revient le voir. La vie devient encore plus douce quand arrive Camille, une nouvelle. Une fille forte au foot et qui ne se laisse pas faire. Une fille dont on tombe amoureux. Mais Camille ne va peut-être pas rester dans la petite famille des enfants du foyer. Sa tante maltraitante et cupide veut l’emmener vivre avec elle, pour toucher sa pension. Courgette tente de la sauver des griffes de cette sorcière, le temps d’une escapade. Il gagne son amour mais perd la petite fille qui se retrouve chez sa tante à attendre la décision du juge concernant son futur. La tante est bonne comédienne et joue l’affectueuse. Il faudra l’ingéniosité et la solidarité de tous les enfants pour en venir à bout. Alors que tout semble rentré dans l’ordre, voilà un nouveau dilemme pour Courgette. Raymond lui propose de l’adopter, avec Camille. Il va falloir choisir entre rester dans cette petite famille, ou en inventer une autre. Quand Courgette et Camille quittent le foyer, c’est le cœur lourd, mais plein des souvenirs de cette enfance grâce à laquelle ils ont enfin commencé à vivre.

Note d’intention – Claude Barras, réalisateur


Le Pourquoi


J’ai eu un coup de foudre à la lecture du roman de Gilles Paris, Auto-biographie d’une Courgette, récit initiatique plein de poésie et de tendresse. Le ton et l’histoire m’ont replongé dans mon enfance et rappelé mes premiers émois de spectateur devant des films comme Les 400 coups, Rémi sans Famille, Belle et Sébastien, Heidi ou encore Bambi. Avec cette adaptation en film d’animation, j’ai eu envie de redonner au public d’aujourd’hui un peu de ces belles émotions formatrices que j’avais reçues. Mais ce film est aussi et avant tout un hommage à tous les enfants maltraités, qui survivent tant bien que mal à leurs blessures. Courgette, notre héros, traverse bien des difficultés et, après avoir perdu sa mère, il se croit seul au monde. C’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie en foyer. Avoir une bande de copains sur qui compter, tomber amoureux, et pourquoi pas, même, être heureux, il lui restera encore bien des choses à apprendre de la vie. C’est ce message, à la fois simple et profond, qu’il m’a semblé essentiel de transmettre à nos enfants. C’est cette volonté de transmission qui m’a guidé tout au long de la réalisation du film.

La thématique


J’ai tenu à adapter ce roman car je voulais faire un film pour les enfants qui leur parle de la maltraitance et de ses remèdes dans le monde d’aujourd’hui. Un film de divertissement où l’on rit et où l’on pleure, mais surtout un film résolument engagé, qui se passe ici et maintenant, qui raconte la force de résilience d’un groupe d’amis et qui prône l’empathie, la camaraderie, le partage, la tolérance. Dans le cinéma contemporain, le foyer est classiquement mis en

scène comme le lieu de la maltraitance et le monde extérieur comme le lieu de la liberté (Les 400 Coups, Les Choristes). Dans Ma Vie de Courgette, le paradigme est renversé : la maltraitance est subie dans le monde extérieur et le foyer est le lieu de l’apaisement et de la réparation. C’est ce qui rend ce récit classique et moderne à la fois. Au sortir d’un stage d’immersion dans un foyer d’accueil, il m’a semblé important de traiter la thématique de l’adoption avec le plus grand soin, car elle se trouve au cœur des rapports que ces enfants en mal d’affection entretiennent avec le monde des adultes. J’ai mis en scène l’adoption sous deux de ses formes modernes: la famille d’accueil et le droit de garde. Selon la maturité des enfants et les motivations des adultes, l’adoption y est présentée comme un risque de renouer avec le cycle destructeur de la maltraitance ou comme la possibilité de se réconcilier avec le monde. L’image de la famille recomposée me semblait aussi particulièrement importante à valoriser dans notre société où la structure familiale a pris des formes multiples.

Le scénario


De par sa description parfois explicite de la violence subie par des enfants, le roman Autobiographie d’une Courgette s’adresse plutôt aux jeunes adultes et aux parents. En l’adaptant en film d’animation, je souhaitais élargir le public aux plus jeunes. Après un premier travail de défrichage et d’écriture assez long, mes producteurs m’ont proposé de travailler avec Céline Sciamma. Je fus, bien sûr, tout de suite très enthousiaste. J’avais pu voir Tomboy quelques mois auparavant et j’avais adoré le film. Nous nous sommes donc rencontrés régulièrement pour échanger nos idées, et, très vite, en évitant l’écueil du journal intime que l’adaptation nous tendait, Céline a su donner au scénario une réelle structure, très classique et rigoureusement articulée. Elle a également su doser l’équilibre subtil entre humour et émotion, aventure et réalisme social. La réussite de ce scénario tient aussi beaucoup dans le traitement très délicat de ses personnages, évoquant subtilement les noirceurs du passé pour mieux les chasser à la lumière des amitiés naissantes dans le présent.

Avec: Gaspard Schlatter, Michel Vuillermoz, Paulin Jaccoud, Sixtine Murat

Scénario: Céline Sciamma, Claude Barras

Langue: français

Image: David Toutevoix

Son: Denis Séchaud

Décor: Ludovic Chemarin

Montage: Valentin Rotelli

Musique: Sophie Hunger

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